mercredi 5 juin 2013

Festival du polar à Annecy!

    Du 27 au 29 juin, la 2ème édition du festival du polar investit les bords du lac. Les pontons flingueurs sont de retour! Avec comme marraine la fille de Lino Ventura, ce sera l'occasion de nager en eaux troubles avec une quinzaine d'auteurs, de louvoyer dans de prestigieux restaurants, de s'encanailler sur le Cygne ou la belle étoile!  Ca va cogner pour nos palpitants!

http://lespontonsflingueurs.com/festival


mardi 4 juin 2013

La plume douce et délicate d'une romancière islandaise

    Alors certes le nom de cette professeur d'histoire de l'art, Audur Ava Olafsdottir,  a des sonorités gutturales, mais son premier roman traduit en français, Rosa Candida est une merveille de douceur et de délicatesse.
    Arnljotur, vingt-deux ans, passe son temps le nez dans les roses. Sa passion dans la vie? Le jardin et les fleurs. Et puis une nuit, dans une serre, allongés sur des rosa candida, Ana et lui s'aiment. Ils viennent de se rencontrer, ils se connaissent à peine, mais leur existence va être bouleversée, car en Islande, les filles naissent bien dans les roses...


 

De cape et de crocs, la plume et le panache en bande dessinée

    Si vous êtes amateurs de théâtre, de commedia dell arte et de cape et d'épées; si vous aimez les voyages sur la lune et les aventures rocambolesques; si vous goûtez les bons mots et les bons mets, alors cette série de BD de Ayroles et Masbou est faite pour vous!
   Dix tomes pour savourer l'histoire de Armand Raynal de Maupertuis et de Don Lope de Villalobos y Sangrin, gentilshommes désargentés, fins bretteurs et beaux parleurs, qui s’emparent de la carte du fabuleux trésor des îles Tangerines. Laissant derrière eux les dames de leurs pensées : Hermine, la fière Gitane, et Séléné, la ravissante ingénue, nos héros se jettent dans la grande aventure !
     
L'occasion de redécouvrir toute la "pièce" se présente puisque le dernier acte (tome 10) est sorti dernièrement. Allez découvrir toute la grâce et la poésie de ce récit passionnant, assorti de dessins au panache luxuriant. Bonne lecture!


 LES 10 TOMES: 10 ACTES




lundi 3 juin 2013

Blacksad, ou le mariage de la plume polar et du crayon de La Fontaine

    Aimer la bande dessinée, et ne pas connaître Guarnido, c'est comme déguster un repas sans dessert. Il FAUT que vous vous plongiez dans Blacksad, mon détective préféré, après Sherlock Holmes (mais c'est un homme ça ne compte pas)




  Inspiré sans doute par La Fontaine, Guarnido brosse des caractères plus vrais que nature: le héros est un chat séduisant et chafouin, l'inspecteur un berger allemand, le tenancier de bar un porc, le journaliste à l'hygiène douteuse une belette ("Weekly" car il ne se lave qu'une seule fois par semaine). Vous l'aurez compris, la critique de la société est toute entière dans le choix des animaux pour dépeindre les personnages, et comme dans les Fables, c'est d'autant plus efficace et savoureux. Blacksad est lui-aussi un chef d'oeuvre.
Bonne nouvelle: le tome 5 est en préparation, et arrive incessamment sous peu!

Comment surprendre après Harry Potter?

Fan inconditionnelle de l'univers d' Harry, j'éprouvais cette peur presque panique d'être déçue par Une place à prendre, son premier roman pour adultes, lorsqu'il est sorti. Mais je ne pouvais tout de même pas laisser passer cela. Il fallait que j'en ai le coeur net.
Je me suis donc lancée, tambour battant.
Me voilà à Pagford, petite bourgade aux allures proprettes et idylliques. Un notable meurt. Une place est à prendre. Se réveillent alors des jalousies, des hypocrisies, des âmes noires. Une comédie de moeurs grinçante et glaçante où l'on ne rit pas tant que ça. Comme à son habitude, elle a bien brossé les personnages, et l'on ne lâche pas le livre malgré les longueurs. Le dernier acte nous coupe le souffle, nous étions tellement choqués par tant de noirceur, que l'on ne s'était pas aperçu du compte à rebours.
Me voilà rassurée: JK Rowling reste une plume à suivre.

dimanche 2 juin 2013

Amateurs de théâtre, ouvrez grand vos yeux!

    Oyez, oyez, du 10 au 14 juin 2013, à la maison de Malaz à Seynod, s'ouvrira la troisième édition du Festival Grand Ouvert. La compagnie Les yeux grand ouvert, Grégory Benoit et Elsa Rozenknop nous attendent nombreux pour partager poésie, rire, musique, et autres bonheurs des soirs d'été. Célébrons ensemble le spectacle vivant et les joies du plein air! Au programme, du Molière, du Tchekhov, du Shakespeare, mais aussi des créations de la compagnie comme La main de Leïla.
Vous pouvez vous procurer des pass à l'auditorium de Seynod dès à présent.
Bon festival à tous!


Blandine Le Callet, une femme- écrivain à la plume acérée, et troublante

Le premier roman que j'ai découvert, c'est Une pièce montée:

La structure de ce roman est intéressante et originale: comme le titre l'indique, nous allons assister à un mariage (rien de bien extraordinaire jusque là) , et pourtant chaque chapitre correspond au point de vue d'un invité. Et l'on comprend très vite que le but est de faire valser les convenances, éclater le conformisme bourgeois, pétiller un ton insolent somme toute de bon aloi. Le style est piquant et réjouissant. Voici un extrait: l'apogée d'un mariage, c'est la pièce montée, et Blandine le Callet prend un plaisir minutieux et malin à la faire voler en éclat:

"   A présent, le dîner touche à sa fin. Cette interminable journée n'a pas été la sienne; il s'est contenté d'accomplir avec docilité ce qu'on attendait de lui. Il a embrasse sa femme, et il l'a trouvée belle et désirable, mais jamais elle ne lui a semblé si lointaine. Et maintenant c'est presque fini. Il dansera un peu, puis il lui dira la vérité: qu'il est épuisé, qu'il va se reposer dans leur chambre, la "suite nuptiale" réservée pour l'occasion.
      La pièce montée arrive, sur un plateau immense portée par deux serveurs. Il voit osciller au rythme de leur marche cette tour de Babel en choux à la crème, surmontée du traditionnel couple de mariés. Il se dit: C'est moi, ce petit bonhomme, tout en haut. C'est moi.
      Il se demande qui a pu inventer un gâteau aussi ridicule. Cette pyramide grotesque ponctuée de petits grains de sucre argentés, de feuille de pain azyme vert pistache et de roses en pâte d'amande, cette monstruosité pâtissière sur son socle de nougatine. Et ce couple de mariés perché au sommet, qu'est-ce qu'il symbolise, au juste? Les épreuves surmontées à deux? L'ascension périlleuse jusqu'au septième ciel? La prétention de ceux qui s'imaginent que l'amour va durer toujours?
     Il paraît que si le gâteau est monté trop tôt, les choux se détrempent et s'affaissent, le caramel se dissout, et tout dégringole. C'est peut-être ça, le message, au fond: vous êtes bien mignons aujourd'hui, mes petits mariés, mais attendez encore un peu; votre joli petit couple va en prendre plein la figure, et vous allez ramasser en beauté."

Comme j'ai adoré le ton décapant de ce roman, j'ai enchaîné avec La ballade de Lila K:


Il y a indéniablement du Georges Orwell et du Ray Bradbury dans ce roman qui vous saisit à la gorge. C'est l'histoire d'une petite, Lila K qu'on a arraché à sa mère, et qui est prise en charge par une société totalitaire et ultra sécuritaire. Ce monde froid et désincarné vous glace le sang, et l'on suit avec admiration et tendresse les pas de Lila, asociale, meurtrie, surdouée, et sa lente remontée vers la lumière pour retrouver sa mère. Quel courage et quelle force! Une leçon sur la force du lien et du pardon. 

     "Certains jours, quand ça devenait trop dur, je montais sur le toit pour me faire une séance de kaléidoscope. Durant quelques minutes, j'envoyais tout promener, les immeubles par dessus les moulins dans un tourbillon de couleurs. Je m'arrachais les yeux, mais ça me soulageait. Ensuite, je me mettais à déclamer des vers, à hurler des insanités, comme autrefois avec M. Kauffmann. Cela faisait un bien fou, tous ces putain d'Adèle et ces bordel à cul, au milieu des alexandrins. Revenue dans ma chambre, je passais des heures à lire le dictionnaire, choisissant les termes les plus rares et les plus compliqués, dont j'apprenais par coeur la définition."

Puis cette année 2013, elle a sorti Dix rêves de pierre:


Le style de Blandine le Callet se retrouve là encore: une plume troublante, aux confins du morbide, qui choisit cette fois de nous conter, à partir d'épitaphes dénichées au hasard, les dernières heures de personnes ensevelies. Dix nouvelles qui ont surgi à partir du pouvoir d'évocation d'épitaphes authentiques: dix destins dont on connaît la fin douce ou violente, avant même de commencer l'histoire. On traverse les siècles, et l'on réalise que l'humanité, immuable comme la pierre, n'a pas changé: mêmes peurs, mêmes passions, même amour. Une plume pour conjurer l'oubli.