Cinq petits vieillards: Martha, Stina, Anna-Greta, Le Génie et le Râteau (oui les hommes n'ont que des surnoms!) s'éteignent à petit feu dans une maison de retraite à Stockholm. On les traite de manière intolérable, on rogne sur leur nourriture, on les pose devant la télé gavés de tranquillisants. Situation scandaleuse qui les fait réagir et ranime la flamme de leur rébellion. Bien décidés à ne pas passer l'arme à gauche de sitôt, mais plutôt à commencer une nouvelle vie au soleil, les voilà qui s'évadent et projettent de faire le casse du siècle.
Ces suédois ont décidément bien la verve comique, avec leur titre à rallonge énigmatique et cocasse. Inévitablement cela nous fait penser au Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.
Il n'y a que des vieux pour imaginer que la prison est bien mieux que la maison de retraite, et donc l'envisager sérieusement!
Evidemment rien ne va se passer comme prévu. Au rythme de leurs déambulateurs, l'aventure va prendre une tournure inédite, et on va s'accrocher à eux, comme eux à la vie, au soleil.
Le plaisir est dans le partage... Pour les amoureux des arts et toutes ses formes d'expression: littérature, théâtre, peinture, cinéma, photographie, danse, sculpture. Mais surtout, surtout... la plume, merveilleuse et passionnante, à l'origine du plaisir. Venez d'un pas ailé faire parler vos plumes, et partager vos découvertes!
vendredi 19 février 2016
jeudi 4 février 2016
La minute de vérité, roman d'art et d'amour , de Bjorn Sortland
C'est le journal intime d'une norvégienne de 17 ans, Frida, qui commence à écrire quand elle apprend qu'elle est atteinte d'une maladie des yeux, et qu'elle risque de perdre la vue. Là voilà décidée du coup à réaliser tout ce qu'elle n'a jamais osé: partir à Florence par exemple, et voir tout ce qu'elle ne verra peut -être jamais plus.
Ses rêves de grandeur s'arrêtent (non! continuent) au Mcdo de la gare de Florence où elle rencontre Jakob, 19 ans (intéressant), norvégien lui aussi (Chance! je me demande quelles sont les probabilités de rencontrer un norvégien à Florence... mais passons), beau gosse vous vous en doutez (of course), et (étonnamment) cultivé: il doit rédiger des articles sur l'histoire de l'art et parcourir l'Europe pour admirer les 33 tableaux qu'il a choisis.
Le garçon est intarissable sur les 33 représentations de la Crucifixion (si, si, mais je vous assure que ça ne va pas l'empêcher de tomber amoureuse, bon c'est vrai que ce n'est pas éminemment romantique), et elle va boire ses paroles tout au long de leur périple.
Son récit alterne donc entre ses ébahissements de jeune fille en fleur face à un Apollon, et son admiration pour la culture de ce jeune homme.
Le livre présente toutes les reproductions des tableaux, et offre une vraie vision de l'histoire de l'art, intéressante, voire passionnante. On tomberait presque amoureuse de Jakob, nous aussi!
(C'était notre minute de vérité)
Pour savoir ce dont il s'agit, lisez donc l'histoire de Frida.
Ses rêves de grandeur s'arrêtent (non! continuent) au Mcdo de la gare de Florence où elle rencontre Jakob, 19 ans (intéressant), norvégien lui aussi (Chance! je me demande quelles sont les probabilités de rencontrer un norvégien à Florence... mais passons), beau gosse vous vous en doutez (of course), et (étonnamment) cultivé: il doit rédiger des articles sur l'histoire de l'art et parcourir l'Europe pour admirer les 33 tableaux qu'il a choisis.
Le garçon est intarissable sur les 33 représentations de la Crucifixion (si, si, mais je vous assure que ça ne va pas l'empêcher de tomber amoureuse, bon c'est vrai que ce n'est pas éminemment romantique), et elle va boire ses paroles tout au long de leur périple.
Son récit alterne donc entre ses ébahissements de jeune fille en fleur face à un Apollon, et son admiration pour la culture de ce jeune homme.
Le livre présente toutes les reproductions des tableaux, et offre une vraie vision de l'histoire de l'art, intéressante, voire passionnante. On tomberait presque amoureuse de Jakob, nous aussi!
(C'était notre minute de vérité)
Pour savoir ce dont il s'agit, lisez donc l'histoire de Frida.
California dreamin' de Pénélope Bagieu
Je retrouve avec joie ma chouchoute Pénélope, mon illustratrice préférée. J'ai appris il n'y a pas longtemps qu'elle vivait aux Etats Unis, et voilà qu'elle sort un album narrant la vie d'Ellen Cohen, alias Cass Elliot, du groupe mythique folk pop des Mamas and Papas, de la fin des années soixante. Je connais aussi sa passion pour la musique: génial donc qu'elle conjugue les deux à présent.
Elle a choisi une narration selon plusieurs points de vue: celui sa soeur, qui explique son besoin de manger compulsif, celui de son père, fan d'opéra qui l'a fait baigner très vite dans la musique...
Très vite on se prend d'affection pour cette super nana qui affirme à vingt ans: "Je serai la grosse la plus célèbre du monde." et qui plaque Baltimore pour aller tenter sa chance à New York. Elle a une joie de vivre et une détermination formidables, et elle embarque son monde dans ses aventures: animation d'une émission de radio où elle affirme détester la musique folk! puis un premier groupe qu'elle forme après avoir rencontré (pardon être tombée amoureuse) Tim, un deuxième: les Mugwumps, dont l'occupation favorite, elle le reconnaît, consiste surtout "à se défoncer au LSD et à raconter des blagues scato."
Elle tourne ensuite autour des Journeymen, car elle est raide dingue de Denny (Doherty), qui lui est amoureux de Michelle (Gilliam), laquelle est en couple avec John (Phillips). On est a la fin des années soixante je vous rappelle: les répétitions ça ne devait pas être de la tarte!
Vous l'aurez compris, notre Cass est incroyablement douée et donne de son talent, mais en ce qui concerne les hommes, ça va la laisser sans voix...
Toujours est-il que ces quatre-là vont devenir les Mamas and papas, portés surtout par le talent de Cass Elliot.
Un chouette album de Bagieu, qui donne envie de réécouter à l'envi California Dreamin'...
Elle a choisi une narration selon plusieurs points de vue: celui sa soeur, qui explique son besoin de manger compulsif, celui de son père, fan d'opéra qui l'a fait baigner très vite dans la musique...
Très vite on se prend d'affection pour cette super nana qui affirme à vingt ans: "Je serai la grosse la plus célèbre du monde." et qui plaque Baltimore pour aller tenter sa chance à New York. Elle a une joie de vivre et une détermination formidables, et elle embarque son monde dans ses aventures: animation d'une émission de radio où elle affirme détester la musique folk! puis un premier groupe qu'elle forme après avoir rencontré (pardon être tombée amoureuse) Tim, un deuxième: les Mugwumps, dont l'occupation favorite, elle le reconnaît, consiste surtout "à se défoncer au LSD et à raconter des blagues scato."
Elle tourne ensuite autour des Journeymen, car elle est raide dingue de Denny (Doherty), qui lui est amoureux de Michelle (Gilliam), laquelle est en couple avec John (Phillips). On est a la fin des années soixante je vous rappelle: les répétitions ça ne devait pas être de la tarte!
Vous l'aurez compris, notre Cass est incroyablement douée et donne de son talent, mais en ce qui concerne les hommes, ça va la laisser sans voix...
Toujours est-il que ces quatre-là vont devenir les Mamas and papas, portés surtout par le talent de Cass Elliot.
vendredi 22 janvier 2016
La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry, voyage initiatique en Angleterre pour un retraité doux- dingue
Harold mène une existence sereine et pépère dans le sud de l'Angleterre, limitant ses déplacements du salon à la chambre, de la chambre à la salle à manger, de la salle à manger au jardin, quand il est en bonne forme.
Il est le destinataire un matin de la lettre d'une amie perdue de vue depuis des lustres, lui annonçant qu'elle va mourir. Bouleversé, il décide de lui répondre puis de poster la lettre.
Mais arrivé à la boîte aux lettres, Harold songe qu'il pourrait pousser un peu plus loin jusqu'à la prochaine letterbox, ça lui dégourdirait un peu les mollets. La suivante est en vue, et il se dit que ça lui fait du bien tout ça, porté qu'il est par une noble cause. Et voilà notre Forrest Gump anglais qui attaque une longue marche pour aller porter en mains propres sa lettre, le coeur plein d'espoir et les semelles pleines de vent.
C'est sa bobonne qui va en faire une tête!
Commence un périple inédit, où l'on suit Harold avec attention et tendresse.
La fin m'a déplue, une si jolie attention me faisait rêver! Et on retombe dans une triviale réalité. Harold méritait beaucoup mieux que cette fin d'histoire il me semble.
En cuisine avec Alain Passard, une aventure alléchante et délicate en bouche
Christophe Blain a suivi le chef triplement étoilé Alain Passard, esthète et artiste dans son restaurant L'Arpège, rue de Varennes à Paris.
C'est avec une tendresse particulière et une admiration sans faille pour ce grand chef que Christophe Blain fait le portrait d'un homme passionné. Il ne se prive pas de donner aux lecteurs l'eau à la bouche, les recettes de Passard. Il ne se fait pas prier non plus quand il s'agit de se mettre à table et de goûter les plats confectionnés par la brigade de l'Arpège.
On le comprend fort bien.
Il suit également cet homme délicat jusque dans son potager, qui compose des tableaux jusque dans ses paniers. Amoureux des légumes, il s'attache aux couleurs, aux senteurs, aux parfums, aux accords: bref un virtuose, comme je vous le disais.
jeudi 24 septembre 2015
Face Nord, de Jean Marie Defossez, une aventure glaciale, une histoire d'amour au sommet
Eric, Stéphane et Julie sont inséparables depuis toujours. Ce qui les unit: la passion de la montagne. Au lycée de Chamonix, ils préparent le bac, mais ils se préparent surtout à l'ascension des Grandes Jorasses, par la face Nord: épreuve autrement plus périlleuse que le bac.... De la nature ou la passion, laquelle viendra mettra à mal cette amitié solide comme le roc?
Voilà un roman que j'ai lu pour mes 5e Nature et sport (à défaut d'en faire...) et qui se passe à Chamonix: formidable!
J'ai beaucoup apprécié la double narration: tantôt un narrateur externe, tantôt le point de vue de Julie. L'histoire est très prenante, le suspens au rendez-vous. L'auteur nous accroche avec ses piolets à la roche, on est tétanisé par ce qui arrive au trio.
"Prisonnier de son vertige, Eric ne bougeait plus. J'avais de plus en plus mal pour lui. Nos exhortations, qui ne servaient à rien, ont commencé à faiblir avant de cesser. C'est alors qu'il a lentement levé la tête vers nous"
Voilà un roman que j'ai lu pour mes 5e Nature et sport (à défaut d'en faire...) et qui se passe à Chamonix: formidable!
J'ai beaucoup apprécié la double narration: tantôt un narrateur externe, tantôt le point de vue de Julie. L'histoire est très prenante, le suspens au rendez-vous. L'auteur nous accroche avec ses piolets à la roche, on est tétanisé par ce qui arrive au trio.
"Prisonnier de son vertige, Eric ne bougeait plus. J'avais de plus en plus mal pour lui. Nos exhortations, qui ne servaient à rien, ont commencé à faiblir avant de cesser. C'est alors qu'il a lentement levé la tête vers nous"
lundi 13 juillet 2015
Plonger, de Christophe Ono-dit-Biot: une histoire d'amour amère et d'amour de la mer
Voilà un vrai beau livre de vacances, estival à souhait avec tous les ingrédients indispensables: de l'amour, du mystère, un cadre enchanteur...
Alors on plonge, forcément...
César tombe fou amoureux de Paz, une espagnole sublime, une artiste talentueuse, une photographe épatante éprise de liberté et aux idées bien arrêtées. De leur union naît Hector. mais Paz n'est pas heureuse à Paris, et veut entreprendre le monde. Pas César qui a assez bourlingué. Un jour Paz part, laissant mari et fils seuls. On la retrouve nue et morte sur une plage à l'autre bout du monde, des mois après.
Le livre est la narration de César à son fils, à qui il doit la vérité sur sa mère: de leur rencontre à la fin de leur histoire, en traversant le monde de l'art européen, de Venise à Abu Duwas, d'Ulysse à Aladin.
Que l'auteur évoque le monde de l'art en continu m'a beaucoup plu, de plus leur histoire d'amour impossible en lien étroit avec différentes oeuvres était intéressante: la conception d'Hector dans le ventre de la baleine à Venise reste un moment éminemment romantique pour le lecteur...
"Je t'emmène dans les profondeurs." Aujourd'hui, évidemment, cette phrase revêt une signification dérangeante, qui me brûle. Mais à l'époque, je l'ai prise pour ce qu'elle était. Une incursion dans le coeur du sujet. L' étap-clé de l'initiation.
Elle conduisait sans un mot. Avec, toujours, montant dans l'habitacle, le Requiem de Mozart. Requiem, dont dériverait le nom "requin". "Requiem est un gros poisson de mer qui dévore les hommes, écrivait Furetière, qui est ainsi nommé parce que, quand on en est mordu, il n'y a rien d'autre à faire qu'à chanter le requiem..."
Alors on plonge, forcément...
César tombe fou amoureux de Paz, une espagnole sublime, une artiste talentueuse, une photographe épatante éprise de liberté et aux idées bien arrêtées. De leur union naît Hector. mais Paz n'est pas heureuse à Paris, et veut entreprendre le monde. Pas César qui a assez bourlingué. Un jour Paz part, laissant mari et fils seuls. On la retrouve nue et morte sur une plage à l'autre bout du monde, des mois après.
Le livre est la narration de César à son fils, à qui il doit la vérité sur sa mère: de leur rencontre à la fin de leur histoire, en traversant le monde de l'art européen, de Venise à Abu Duwas, d'Ulysse à Aladin.
Que l'auteur évoque le monde de l'art en continu m'a beaucoup plu, de plus leur histoire d'amour impossible en lien étroit avec différentes oeuvres était intéressante: la conception d'Hector dans le ventre de la baleine à Venise reste un moment éminemment romantique pour le lecteur...
"Je t'emmène dans les profondeurs." Aujourd'hui, évidemment, cette phrase revêt une signification dérangeante, qui me brûle. Mais à l'époque, je l'ai prise pour ce qu'elle était. Une incursion dans le coeur du sujet. L' étap-clé de l'initiation.
Elle conduisait sans un mot. Avec, toujours, montant dans l'habitacle, le Requiem de Mozart. Requiem, dont dériverait le nom "requin". "Requiem est un gros poisson de mer qui dévore les hommes, écrivait Furetière, qui est ainsi nommé parce que, quand on en est mordu, il n'y a rien d'autre à faire qu'à chanter le requiem..."
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